Ça va plaire à tout le monde ! (mais...)

Ça au cinéma. Quelle ambition ! Adapter un roman de Stephen King au cinéma est sans doute un travail de fou furieux. Qui s'y aventurerait encore ? Tellement de réalisateurs se sont cassés le nez dans cette aventure (rien que cette année, on ne peut pas dire que que Nikolaj Arcel se soit illustré avec son interprétation de La Tour sombre). Mais voilà, la roue tourne et Stephen King en personne a salué la performance d'Andrès Muschietti (déjà reconnu pour le successful Mama en 2013). 


Le moins que l'on puisse dire, c'est que Muschietti a fait l'unanimité. On aura rarement vu un film (d'horreur, qui plus est !) s'attirer autant la sympathie des critiques et des téléspectateurs. Chapeau bas très cher ! Je dois bien avouer qu'il n'y a aucune fausse note dans cette nouvelle interprétation du chef-d'oeuvre littéraire de mon auteur préféré. Tout est à sa place, peut-être même un peu trop. Bref, je suis restée sur ma faim !

Je ne vais pas particulièrement parler de la première adaptation TV, celle qui a traumatisé une génération de bambins. Tommy Lee Wallace aura le mérite d'avoir participé à la reconnaissance du travail du grand King. Malgré ses défauts, cette mini-série reste culte. Si, si tu t'en souviens, Tim Curry a incarné un Pennywise inoubliable.


Dans le roman-pavé de quasiment 1 000 pages de Stephen King, on passe des années 50 où on suit les aventures d'un groupe d'enfants qui luttent contre Pennywise, le clown maléfique qui incarne une ville pourrie jusqu'à la moelle, aux années 80 où les gamins devenus adultes sont "obligés" de revenir à Derry car "Ça" est revenu. 

Andrès Muschietti a choisi de faire un film en deux volets. Dans le premier, sorti ce mois-ci donc, on suit uniquement les enfants. Et pour coller aux nouvelles générations, l'histoire se déroule à la fin des années 80. Ainsi, le second volet aura lieu dans les années 2010. 


Même si je suis agacée de cette liberté prise par rapport à l'oeuvre originale, je dois bien avouer avoir trouvé agréable l'idée que les héros aient mon âge à une dizaine d'années près. Et je comprends l'engouement créé par ce film. Sincèrement. Tu vois les Goonies, E.T... ? Ces films d'aventure autour d'un groupe de pré-ados futés et attachants ? C'est ce que tu vas revivre devant Ça. Un goût de Spielberg, un goût de nostalgie aussi. Et puis, l'interprétation des mômes est très juste et fidèle aux personnages du roman. On note la touche d'humour qui fait mouche : oui, j'ai ri pendant la séance ! Le personnage de Richie, joué par Finn Wolfhard (tu l'as peut-être vu dans Stranger Things), est poilant. Je l'ai adoré dans le livre, je l'ai adoré dans le téléfilm de Wallace et je me pâme devant lui aujourd'hui. 

Ça est est un blockbuster qui mérite sa place mais qui reste grand public et c'est là où le bât blesse (un peu) à mon sens.


Clairement inspiré du livre et non du téléfilm de Tommy Lee Wallace, ce nouveau Ça est propret. Comme je le disais, il n'y a aucune fausse note mais malheureusement, aucune extravagance non plus. C'est comme écouter un Mozart joué à la perfection, c'est beau. Mais un Mozart divinement interprété de manière surprenante, c'est mieux ! 

Je n'ai pas retrouvé l'atmosphère pétrifiante et sale du roman. Peut-être que ça m'a échappé, mais les références à l'homophobie, inloupables et dégueulasses dans le travail de Stephen King, sont passées à la trappe chez Andrès Muschietti. Derry est la ville du vice, il s'y passe des choses atroces, ce genre de choses que tu peux lire dans les rubriques faits divers en te disant "si c'était dans un roman, ce serait trop gros pour que j'y crois". Ça n'est pas apparu de manière si évidente dans ce nouveau film. 

Je ne sais pas ce qui m'a fait croire que Ça pourrait être différent de ce que UGC diffuse habituellement. Je savais que je n'allais pas voir un remake de A Serbian Film ou une interprétation de Rob Zombie mais j'espérais quand même. Je regrette de ne pas être sortie du cinéma mal à l'aise comme je suis sortie de ma lecture du roman il y a quelques années. Tu sais, quand tu as des images ou des concepts particulièrement gores qui tournent en rond dans la tête et que rien ne les efface. Il m'a manqué cette pointe de réalisme, de lumière crue et de violence gratuite.


Les images de synthèse n'ont pas à rougir mais mon coeur ne s'est pas emballé une seule fois, je n'ai pas tremblé pour les personnages et je n'ai pas sursauté non plus. Je n'étais pas dedans. Les plus de deux heures de film passent crème, tout le monde le dit et c'est vrai. C'est un chouette film d'aventure. Mais un film d'horreur ? Je ne crois pas non.

Si tu n'as pas l'habitude des films d'épouvante, peut-être que tu sursauteras et peut-être que tu trouveras certaines scènes "horribles". J'ai entendu des petits cris dans la salle de ciné, je le reconnais. Et tu sais quoi ? Au générique, il y a eu des applaudissements. J'adore ! 

Belle interprétation du clown Pennywise par Bill Skarsgard. Il n'y a pas à tortiller, il fera faire des cauchemars aux plus jeunes et on le remercie pour ça. Je regrette qu'il manque de réalisme, son visage est trop déformé et sa folie est un peu forcée. Mais dans l'ensemble, ça marche et on n'a franchement pas envie de le croiser au coin d'une rue. 

Bref, un film à voir. Et j'attends la suite (prévue pour 2019 si je ne m'abuse, c'est long !) avec impatience. J'achèterai même le double DVD quand il sortira. Mais je vais surtout d'ores et déjà me replonger dans la lecture de l'oeuvre du maître de l'horreur parce que, au fond, je suis une vieille c*nne blasée de la vie ;)

Fais-moi plaisir mon petit, si l'histoire te plaît et que tu n'as pas encore lu ce roman, profites des rééditions pour te l'offrir. Tu m'en diras des nouvelles ! Quant à ce film, fonce, il vaut le détour et tu ne pourras passer qu'un agréable moment. 


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